Du 21 juin au 27 octobre 2002, la Fondation pour l'art contemporain Jean-Marc et Claudine Salomon inaugure un cycle de présentation de la collection privée de Claudine et Jean-Marc Salomon avec Collection 1.
Cette exposition souhaite témoigner de leur engagement en faveur du travail d'artistes contemporains et faire partager leur enthousiasme pour l'art d'aujourd'hui.
Ces pièces, qui offrent une riche diversité de médiums à l'exception de la peinture, reflètent un des grands thèmes qui traversent l'histoire de l'art : le corps dans l'espace.
Compte tenu de la nature de l'exposition, une sélection parmi les œuvres d'une collection dans sa configuration actuelle, cette thématique n'est pas explorée de manière exhaustive. Au contraire, les partis pris dessinent avant tout les sensibilités et les recherches de Claudine et Jean-Marc Salomon dans l'art d'aujourd'hui.
Ainsi, un premier ensemble, avec des œuvres de Baltazar Torres, Walter Niedermayr et Guy Limone propose une vision du corps comme motif et personnage. Dans les travaux de ces deux premiers artistes dominent des préoccupations environnementales, telles que la transformation par l'homme du paysage et des différents biotopes. L'humain est présent sous forme de trace et d'ouvrier, insidieux mais redoutable. Les photographies de Niedermayr (Schnalstaggletscher V, Mittel Allain III) et les ensembles-microcosmes de Torres (Short Stories) génèrent spontanément des fictions, comme les personnages de Guy Limone qui, dessinant le nom de son frère disparu en Turquie, se trouvent dans des micro situations narratives. Avec Self-Portraits, 1999 de John Coplans, la vision quitte le panoramique et le lointain pour le domaine de la contigüité. Portait parcellaire et sans visage, cette série photographique présente les mains de l'artiste, elles-mêmes morcelées en doigts et poignets. Leur animation écrit des histoires dans l'espace serré du cadrage, tel un signe remplissant une page blanche. Corps inscrit dans un contexte et dans un espace-temps.
Le deuxième ensemble d'œuvres propose une appréhension du corps placée sous le signe de l'organique. Il ne s'agit plus d'image mais d'environnements et de sculptures pour lesquels la confrontation physique, voire le toucher, permet leur activation. Ces pièces proposent un certain point de vue sur la sculpture : concrétion-excrétion, pour l'incroyable Tourist 2000 de Tony Cragg ; environnement de lycra aux membranes translucides, dans lequel la déambulation précautionneuse prend des allures de voyage initiatique ou régressif chez Ernesto Neto ; ensemble suspendu de carcasses apprêtées par Anne Ferrer qui dévoilent leur entrailles à celui qui ose s'y frotter ; sculpture diaphane de Max Mohr aux formes ombilicales et sexuelles. Visions morcelées et organiques du corps qui dessinent des paysages.
Dans le troisième ensemble, la vision du corps et du vivant est placée sous le signe de la lutte Eros-Thanatos, dimension explicitée par les dessins de Robert Longo, réalisés à partir de photographies d'objets et de mobilier de Freud, prises alors qu'il fuyait l'Autriche pour Londres. Les autres pièces de cet ensemble se présentent comme des visions hallucinées, exacerbées par la saturation d'effets et de composants : barque de Yayoi Kusama recouverte de protubérances chatoyantes aux formes phalliques ; quartier de viande et soutane profane tissés par une agrégation de scarabées dans les œuvres de Jan Fabre.
Des portraits sont présentés à la dérobée : visages à la recherche d'eux-mêmes ou de leur âme (Arnulf Rainer, Ana Mendieta), visage et orbite qui observent en même temps qu'ils sont vus (Tony Oursler).
Artistes exposés :
Madeleine Berkhemer, John Coplans, Tony Cragg, Jan Fabre, Anne Ferrer, Antony Gormley, Yayoi Kusama, Guy Limone, Robert Longo, Ana Mendieta, Max Mohr, Ernesto Neto, Walter Niedermayr, Tony Oursler, Arnulf Rainer, Baltazar Torrès




