L'ivresse de l'absolu

08.03 / 08.06.08 Commissaire d'exposition : Philippe Piguet

Communiqué de presse
L'exposition L'ivresse de l'absolu rassemble les œuvres de sept artistes contemporains qui ont inscrit, au cœur de leur pratique créatrice, une méthode, un rituel ou encore la répétition d'un geste ou d'une forme. Ces rites sont autant de chemins pour affranchir l'artiste et sa pensée de la tradition historique du savoir-faire et du sujet. Leur œuvre, à la fois immuable et toujours renouvelée, dialogue avec l'infini, transcendant les contingences de l'espace et du temps.

L'exposition associera la présentation d'œuvres déjà anciennes à des installations d'œuvres récentes, imaginées pour les espaces du château, ainsi qu'une intervention spécifique de Niele Toroni.


Note d'intention de Philippe Piguet

L'ivresse de l'absolu

Avec les avant-gardes des années 1960-1970, le mode de la série jadis inauguré en peinture par Claude Monet a connu un développement considérable. Paradoxalement, s'il fut l'apanage d'une production artistique se revendiquant d'une posture matérialiste et minimale, il n'en est pas moins le vecteur de démarches individuelles qui y ont recours dans une confrontation existentielle avec l'espace et le temps. Une confrontation qui a conduit les artistes à élaborer tant les termes d'un discours que d'un protocole de travail suivi scrupuleusement. Voire obsessionnellement.

En contrepoint d'une époque impatiente de consommation dans laquelle ils ont fait le choix d'un tel engagement, les artistes présentés ce printemps à la Fondation d'art contemporain Claudine et Jean-Marc Salomon partagent en commun la même ivresse de l'absolu. En quête d'un ailleurs infini. A la recherche d'un aveuglement. Dans l'incessante remise en jeu de leur démarche. L'un énumère, l'autre ponctue; celui-ci se décline, celui-là joue des variations, cet autre classe. Tous sont engagés dans un processus de travail dans lequel ils s'abîment au sens le plus fort du terme, tout en abîmant leur oeuvre elle-même, c'est-à-dire en la conduisant vers une forme d'absolu.

Réunies pour la première fois dans une même exposition, les oeuvres de Pierrette Bloch, Hanne Darboven, Pierre Ferrarini, Wolfgang Laib, Roman Opalka, Niele Toroni et Claude Viallat en disent long sur les effets de pertinence de ce genre de démarche. Elles sanctionnent notamment la force de créations qui en appellent à la rigueur et à la franchise d'un être au monde que rien ne peut perturber? De surcroît qui offrent à l'art la possibilité d'îlots de résistance singuliers et inédits.

Artistes présentés :
Pierrette Bloch, née à Paris en 1928, vit et travaille à Paris et Bages.
Hanne Darboven, née à Munich (Allemagne) en 1941, vit et travaille à Hambourg (Allemagne).
Pierre Ferrarini, né à lieux en 1964, vit et travaille à Genève.
Wolfgang Laib, né à Metzingen (Allemagne) en 1950, vit et travaille à Allemagne.
Roman Opalka, né à Hocquincourt (Somme) en 1931, vit et travaille à Teille (Sarthes).
Niele Toroni, né à Locarno - Muralto (Suisse) en 1937, vit et travaille à Paris.
Claude Viallat, né à Nîmes en 1936, vit et travaille à Nîmes.