TEXTO, exposition hors-les-murs présentée à l'Abbaye d'Annecy-le-Vieux du 5 janvier au 12 avril 2009
Pour la cinquième année consécutive, la ville d'Annecy-le-Vieux et la Fondation pour l'art contemporain Claudine et Jean-Marc Salomon renouvellent leur partenariat et proposent une exposition à l'Abbaye, du 5 janvier au 12 avril prochains, intitulée « Texto ».
Le partenariat entre la ville et la fondation a été développé dans le but de faire découvrir, de façon sensible, ludique et documentée, au plus large public possible, la création contemporaine. Les expositions associent figures incontournables de l'histoire de l'art et artistes émergents. Elles cultivent la multiplicité des formes et des modes d'expression pour témoigner de la diversité de l'art d'aujourd'hui. Comme chaque année, la ville et la Fondation Salomon s'associent également pour que les enfants, dès le plus jeune âge, puissent découvrir l'Art. Ainsi, en relation avec le thème de cette exposition, la fondation conçoit et anime des ateliers d'arts plastiques à destination de 9 classes des écoles primaires d'Annecy-le-Vieux. Au rythme de trois rencontres de deux heures, les enfants découvrent l'exposition et les œuvres, puis réalisent une œuvre collective.
L'EXPOSITION « TEXTO »
Sous le sceau « révolutionnaire » du collectif Taroop & Glabel, l'exposition Texto rassemble les oeuvres de 16 artistes contemporains autour des mots. Tout au long du XXe siècle, les artistes multiplient les expérimentations autour du langage. Leurs recherches s'emparent des progrès et des découvertes de la société contemporaine : développement de l'électricité, modernisation des transports, naissance de la psychanalyse, développement des medias et de la publicité.... Le langage est pour certains l'objet d'explorations esthétiques, graphiques voire gestuelles. Ainsi les constructivistes dans les années 20 s'emparent des lettres, de leur forme, pour construire un nouveau langage visuel, porteur d'un monde nouveau ; dans les années 60, le Pop Art s'approprie le langage de la publicité omniprésent dans l'espace urbain... Pour d'autres, le langage est un outil critique voire poétique, révélateur de sens (ou de non-sens !). Ainsi par exemple, au début des années 30, les surréalistes confrontent mots et images pour faire surgir les pulsions de l'inconscient ; les artistes conceptuels dans les années 60 remplacent l'image par le langage dans une appréhension structuraliste du monde. Les arts primitifs, l'art brut, puis dans les années 70 le Street Art, manipulent également le langage, libérant des forces créatrices intimes en revendiquant l'existence et l'identité d'expressions en marge du courant de la « grande » histoire de l'art. Dans la continuité de ces questionnements, l'exposition Texto rassemble les œuvres d'artistes nés entre 1935 et 1976. Peintures, sculptures, vidéo, dessins illustrent la diversité de leurs origines et de leurs démarches.
Avec les mots, la ville (ses enseignes, ses panneaux de signalisation, ses publicités mais aussi ses graffitis) fait irruption dans l'espace d'exposition. Ainsi Pierre Ardouvin signe un enseigne lumineuse colorée au titre à la fois critique et nostalgique : « Bonne nuit les petits ». Joël Ducorroy, artiste « plaquétitien », remplace les tableaux par leur description gravée sur des plaques minéralogiques. Telle une publicité mensongère, « L'appât » de Natacha Dubois-Dauphin miroite sur le mur. Ben, quant à lui, d'une main enfantine déploie, comme sur un tableau noir, dessins et maximes qui évoquent graffitis et fresques primitives, et déjà un monde globalisé. Du tag des rames de métro de New York à la toile, toute une réflexion sur la signature en peinture traverse les œuvres des graffeurs américains comme Jonone, Seen ou West ou encore du jeune artiste suisse David Hominal. D'autres interrogent notre perception : les inscriptions sur toile de Rémi Zaugg, entre apparition et disparition, invitent à méditer sur le lien fragile entre l'œil et l'esprit. Guy Limone cherche son frère disparu dans l'anonymat statistique des figurines qui servent à composer son nom.
Gilles Barbier recopie inlassablement, glissant quelques errata, les pages du Petit Larousse illustré... Histoires de formes, de signatures, d'art et de langage : les mots deviennent images et nous questionnent sur nos vies et notre temps.
Artistes exposés :
Pierre Ardouvin, né en 1955 à Crest, vit et travaille à Montreuil.
Ben, né en 1935 à Naples (Italie). Il vit et travaille à Nice.
Richard Baquié, né en 1952 à Marseille, décédé en 1996 à Marseille.
Gilles Barbier, né en 1965, au Vanuatu (Nouvelles Hébrides), vit et travaille à Marseille.
Etienne Bossut / Taroop&Glabel, Le collectif d'artistes Taroop & Glabel a été fondé en
1993. Etienne Bossut est né en 1946 en France, vit et travaille à Dôle.
Collectif 1.0.3, collectif constitué en 2002.Membres du collectif : Anne Couzon Cesca née en 1978 à Saint-Julien en Genevois (74) et Arnaud et François Bernus nés en 1974 à Enghien-les-Bains (95). Ils vivent et travaillent à Montreuil.
Anne-Lise Coste, née en 1973 à Marseille, vit et travaille à Zurich et Palma de Majorque.
Natacha Dubois-Dauphin, née en 1972 à Annemasse, vit et travaille à Paris.
Joël Ducorroy, né en 1955 à Montreuil-sous-Bois, vit et travaille à Montreuil-sous-Bois.
David Hominal, né en 1976 à Lausanne, vit et travaille à Lausanne (Suisse).
John Andrew Perello, dit Jonone, né en 1963 à Harlem, New York, vit et travaille à Paris.
Guy Limone, né en 1958 à Villefranche-sur-Saône, vit et travaille à Paris.
Christian Robert-Tissot, né en 1960 à Genève, vit et travaille à Genève (Suisse).
Richard Mirando, dit Seen, né en 1961 dans le Bronx (New York), vit et travaille à New York (USA).
West, né à New York dans les années 60, vit et travaille à New York (USA).
Rémy Zaugg, né en 1943 à Courgenay (Suisse), décédé

