conférences

La Fondation Salomon propose un cycle de conférences avec Philippe Piguet en conversation avec un artiste.

 

Historien et critique d’art, commissaire d’expositions indépendant, Philippe Piguet est chargé de la programmation en art contemporain de la Chapelle de la Visitation de Thonon-les-Bains depuis 2008. En janvier 2018, il a été nommé Commissaire Général de Normandie Impressionniste 2020. Il collabore régulièrement à la revue (art absolument) depuis 2002 et ponctuellement à art press. Auteur de nombreux articles de presse, textes de catalogues et de quelques films sur l’art, il travaille sur une période allant du milieu du XIXe siècle à nos jours, ses centres d’intérêt privilégiés portant sur la période impressionniste et, plus particulièrement, sur l’art contemporain tel qu’il s’est développé depuis les années 1960.

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2015/16
2016/17
2017/18
2018/19
15/10/15 19h-21h L’Abbaye

Mathieu
Dufois

Né en 1984
Vit et travaille à Tours

Passionné par l’image dans toutes ses dimensions, le travail de Mathieu Dufois est ancré dans la notion même de temporalité. D’abord attaché au dessin, il mêle maintenant celui-ci à la photo, la vidéo, ou encore la maquette. L’important est de faire ressortir le mouvement, le temps présent, l’instantané dans le déroulé de l’action. Il utilise des séquences cinématographiques et autres images d’archives comme interface pour ausculter ces époques fanées. S’ensuit une transcription de l’image en dessin, qui lui permet de décrypter une temporalité passée, et surtout ce qu’il en reste.

17/12/15 19h-21h L’Abbaye

Nicolas
Darrot

Né en 1972
Vit et travaille à Paris

Passionné par les relations du vivant et de la machine, Nicolas Darrot s’apparente à un artiste sorcier.

Il transforme les insectes en chimères, donne le pouvoir de la parole aux trophées de chasse, conçoit des automates qui s’animent à l’approche du visiteur. L’univers de Nicolas Darrot convoque notre imaginaire, tant celui que travaillent les contes ou les mythes, que celui tout aussi vaste que provoquent les avancées technologiques et scientifiques.

11/02/16 19h-21h L’Abbaye

Eva
Nielsen

Née en 1983
Vit et travaille à Paris

La peinture d’Eva est figurative. Ce réel proposé au premier regard se révèle vite de l’ordre du simulacre : des non-choses, des non-lieux, qui génère vite une perception de l’entre-deux qui nous amène à regarder, à nouveau, à chercher sur et dans le tableau où poser notre pensée. Elle maîtrise son médium : maniant la photographie, la sérigraphie, l’impression, le pigment, la réserve, elle accepte les aléas des techniques qu’elle associe pour la réalisation de son image sur la toile.

07/04/16 19h-21h L’Abbaye

Denis
Pondruel

Né en 1949
Vit et travaille à Paris et à Friville

Sous la forme d’une abstraction géométrique ressemblant à une casemate de béton, je cherche à décrire le développement d’une pensée dans ce qu’elle a de plus organique et de plus fragile. Cette pensée naît et circule de façon parfois erratique dans les sinuosités du cerveau, imaginé comme une succession de couloirs, d’escaliers et de chambres. Des mots ou des fragments de phrase, éclairés par la lumière captée à l’extérieur, agissent comme les stimuli d’une danse mentale qui pourrait apparaître et se développer dans ces architectures protégées.

09/06/16 19h-21h L’Abbaye

Myriam
Mihindou

Née en 1964
Vit et travaille à Paris

Myriam Mihindou développe un langage plastique pluridisciplinaire, travaillant aussi bien la photographie que la performance, la vidéo que le dessin ou la sculpture. Au gré de son nomadisme, du Gabon à l’île de la Réunion, de l’Égypte au Maroc, son oeuvre se nourrit de ses rencontres géographiques, culturelles. Hautement autobiographique, son processus créatif sonde la mémoire, l’identité, le corps social politique et sexuel.

13/10/16 19h-21h L’Abbaye

Anne-laure
Sacriste

Née en 1970
Vit et travaille à Paris

Anne-Laure Sacriste peint des paysages nocturnes, parfois inquiétants, toujours fluides, souvent d’après une réalité observée avant d’être synthétisée par un prisme qui lui est propre, à la fois romantique et formel. Elle peint aussi des reflets, des scintillements, des brillances, jouant sur les surfaces miroitantes, sur la lumière qui transforme l’objet que l’on voit… Ce sont ses «Paradis Artificiels».

 

Anne-Laure Sacriste distille ses références – plastiques, musicales ou littéraires, les images de paysages et de lumières qui lui sont restées telles des persistances rétiniennes – au travers d’installations complexes qui jouent sur une reconstruction possible mais aléatoire, fantasmée, inachevée à jamais…

 

Valérie Da Costa

08/12/16 19h-21h L’Abbaye

Myriam
Mihindou

Née en 1964
Vit et travaille à Paris

Myriam Mihindou née au Gabon, se définit elle-même comme une « artiste nomade ». Ses sculptures, photographies et vidéos relient l’homme à la nature à travers la forte présence du matériau. Les oeuvres de Myriam Mihindou sont avant tout, des expériences partagées entre les hommes. Elles ouvrent une dimension cosmique en nous interrogeant sur les questions de limites à franchir, à dépasser, à transgresser et sur le courage, la sensibilité, l’écoute de l’autre et la force qu’il faut engager pour y parvenir.

Travaillant aussi bien la photographie que la vidéo, la performance que l’installation, ses oeuvres ont un caractère hautement autobiographique, plus particulièrement celles centrées autour de son propre corps.

 

Hélène Joly

12/01/17 19h-21h L’Abbaye

Guy
Oberson

Né en 1960
Vit et travaille à Paris

«[…] A première vue, les dessins de Guy Oberson se donnent à voir dans un brouillage informe qui n’en rend pas toujours évidente la lecture. Il y va d’une épiphanie comme il en est d’une image qui lentement apparaît à la lumière rouge de la chambre noire en surface d’un papier photographique trempé dans un bac de révélateur. Petit à petit, l’image gagne en densité, puis en valeur, enfin se précise pour prendre finalement forme. Comme si le motif ne se délivrait au regard qu’à la condition qu’on lui accorde le temps nécessaire à sa définition. En quelque sorte, les dessins d’Oberson exigent qu’on les appréhende de l’intérieur, dans le dedans de leur matière afin d’en embrasser l’espace. Aussi le regard qui s’y porte doit s’y consacrer pleinement, en durée, aux risques sinon de ne pas vivre ce qui est à voir. Il convient ici de dépasser la surface des choses, d’aller de l’autre côté de l’image pour mesurer au plus juste ce qu’il en est de sa réalité. […] »

 

Philippe Piguet

09/03/17 19h-21h L’Abbaye

Massinissa
Selmani

Née en 1980
Vit et travaille à Tours

« Les oeuvres de Massinissa Selmani se caractérisent par une extrême simplicité. Ce sont des montages d’images et de dessins ou de courtes animations dans lesquels se mêlent l’humour, l’ironie, et prafois même un sentiment de révolte. L’univers de la presse écrite, notamment les dessins et photographies, est très présent.

 

Massinissa Selmani dessine et filme avec discrétion, sans bruit. Il se méfie de la grandiloquence de certains propos et répond à ceux-ci par des gestes mesurés et pausés.

 

Cette économie de moyens dont il fait preuve est un choix : contre la violence médiatique, la prégnance des images, il oppose délibérément la fragilité de l’exécution et la discrétion du signe.»

 

Jérôme Diacre

01/06/17 19h-21h L’Abbaye

Thomas
Tronel-Gauthier

Né en 1982
Vit et travaille à Paris

Lauréat du Prix Salomon Foundation Residency Award 2016

Thomas Tronel-Gauthier convoque, par le biais d’une pratique artistique maîtrisée, toute en finesse, le rapport fondamental, quoiqu’enfoui la plupart du temps tout au fond de notre mémoire collective, que nous entretenons avec le monde physique qui nous abrite.

 

Formé aux disciplines plastiques comme aux « Arts and Crafts », il capture avec une expertise d’entomologiste la temporalité des multiples et infimes incidences des phénomènes naturels qui nous entourent pour en fixer les métamorphoses éphèmères sous des formes et des matières aussi diverses que plastiquement accomplies : sculptures, gravures, peintures, films. […]

 

Ann Hindry

28/10/17 19h/21h La FabriC

Guillaume
Talbi

Né en 1987
Vit et travaille à Paris

« Sous l’intitulé « Fantasmagorie du monde », Guillaume Talbi nous propose de nouvelles facéties plastiques autour et à travers sa pratique singulière du dessin et de la sculpture. Et si pour l’artiste « Représenter, c’est inventer des formes et leur donner un corps dans l’espace pour engager comme une conversation », cette conversation ininterrompue qui fonde son œuvre se développe autant entre les œuvres et le public qu’entre les formes et les lignes elles-mêmes. Elles se toisent, se frôlent, s’épousent, se clonent, s’hybrident, voire même déteignent l’une sur l’autre. Ainsi que le souligne Stéphanie Le Follic-Hadida, il y a quelque chose du blasphème chez Guillaume Talbi, de l’incongru, de l’inconvenant, mais son anormalité tout comme l’énormité qu’il nous propose – et qu’auraient salué un Dubuffet comme un Dietman – apparaît immédiatement salutaires, permissives et heureuses. Conçues et réalisées pour la plupart au pays du soleil levant, elles témoignent de formes, de motifs, de couleurs, de matières tout à la fois tendres et acides, souples et affirmées, telles que celles que l’on peut croiser dans l’espace contemporain japonais. Tout y est donc joyeux, vif et coloré autant que dense, profond et subtil. Et une nouvelle fois l’artiste nous prouve avec humour et délicatesse que le plaisir nait le plus souvent de la surprise et de l’invention. L’œuvre de Guillaume Talbi est sans nul doute une de ces voies nouvelles qui préfigurent ce que seront les écritures les plus pointues et les plus radicales de l’art de demain. »

Marc Donnadieu 

07/12/17 19h/21h La FabriC

Camille
Llobet

Née en 1982
Vit et travaille à Paris

De la description orale d’un film d’action par trois personnes
différentes (Téléscripteur, 2006), chacune développant ses propres
stratégies narratives, à des cadrages serrés sur les bouches
tremblotantes de danseuses en mouvement (Chorée, 2014), les
vidéos de Camille Llobet éclairent les écarts entre le langage et
son objet, les intentions et les réflexes, et la manière dont le corps
exprime une part non verbale de la communication. Des mises en
scène volontaires des difficultés physiques et mentales à canaliser
les affects, qui en retour créent des idiolectes chorégraphiques
et musicaux, langages de substitut qui élargissent le champ de
l’expression.

Guillaume Désanges, Catalogue du 61ème Salon de Montrouge, 2017

16/02/18 19h/21h La FabriC

Marion
Charlet

Née en 1982
Vit et travaille à Bruxelles

« Dedans, c’est trop beau pour être vrai. Dehors, c’est apaisant.

Je n’invente aucun des lieux que je peins. Je suis habitée par eux.
Ils me hantent avec leurs histoires. Ce sont des lieux de possession, de souvenir latents.

Ils me pétrissent d’une vision fantasmagorique que je transpose en peinture.
J’y entre comme on entre dans un temps suspendu.
Les peintures participent à une suite logique de mon travail, comme un voyage quasi initiatique.  Depuis 2015, l’environnement paysagé est celui d’un lieu plus exotique dont je ne donne jamais la source géographique précise. Les tableaux sont volontairement grands ou du moins à taille humaine. Ils sont peints jusque sur la tranche.

Vous y êtes physiquement intégré dedans : une altération de notre vue du monde, un rêve des possibles si attirant qu’il ne peut rester réel.
Là, au milieu des peintures, vous n’êtes ni dedans ni dehors.
Vous êtes l’acteur de ce que vous voyez. Il n’y a personne d’autre.
L’architecture est froide, souvent rigide, peinte à l’aide de scotch pour que rien ne déborde. Le travail est rigoureux. A l’inverse, la nature, je la rajoute, libre de gestes mais précis dans leurs touches, de feuilles qui virevoltent et de plantes luxuriantes, d’oiseaux presque empaillés… Mais à bien y regarder, elle envahit ces décors de manière troublante. »

Marion CHARLET –  septembre 2015

07/06/18 19h/21h La FabriC

Massinissa
Selmani

Né en 1980
Vit et travaille à Tours

«Les œuvres de Massinissa Selmani se caractérisent par une extrême simplicité. Ce sont des montages d’images et de dessins ou de courtes animations dans lesquels se mêlent l’humour, l’ironie, et parfois même un sentiment de révolte. L’univers de la presse écrite, notamment les dessins et photographies, est très présent.
Massinissa Selmani dessine et filme avec discrétion, sans bruit.
Il se méfie de la grandiloquence de certains propos et répond à ceux-ci par des gestes mesurés et pausés.
Cette économie de moyens dont il fait preuve est un choix : contre la violence médiatique, la prégnance des images, il oppose délibérément la fragilité de l’exécution et la discrétion du signe».

Jérôme Diacre.

19/04/18 19h/21h La FabriC

Jérôme
Zonder

Né en 1974
Vit et travaille à Paris

Diplômé de l’école nationale supérieure des beaux-arts, Jérôme Zonder est passionné de dessin. Fou de Dürer et d’Ingres autant que d’Otto Dix et de Hucleux. Ce choix quasi exclusif s’est d’évidence imposé à lui il y a une quinzaine d’années parce que c’était à ses yeux un espace lui permettant plus de liberté et de justesse quant à son intention de vouloir figurer le monde. Pour lui, à la différence d’autres modes, le dessin est un exercice limite qui l’oblige à pousser jusqu’au bout ses capacités plastiques. (…)Travailleur acharné, Jérôme Zonder affectionne occuper l’espace et rien ne l’enchante plus que d’avoir à se mesurer à lui en l’envahissant tous azimuts, du sol au plafond le cas échéant. « Le dessin prend alors son autonomie, ce n’est plus moi qui décide et c’est là où ça vibre. »

Philippe Piguet

09/10/18 19h/21h La FabriC

Jérôme
Zonder

Né en 1974
Vit et travaille à Paris

Diplômé de l’école nationale supérieure des Beaux-Arts, Jérôme Zonder est passionné de dessin. Fou de Dürer et d’Ingres autant que d’Otto Dix et de Hucleux. Ce choix quasi exclusif s’est d’évidence imposé à lui il y a une quinzaine d’années parce que c’était à ses yeux un espace lui permettant plus de liberté et de justesse quant à son intention de vouloir figurer le monde. Pour lui, à la différence d’autres modes, le dessin est un exercice limite qui l’oblige à pousser jusqu’au bout ses capacités plastiques. (…) Travailleur acharné, Jérôme Zonder affectionne occuper l’espace et rien ne l’enchante plus que d’avoir à se mesurer à lui en l’envahissant tous azimuts, du sol au plafond le cas échéant. « Le dessin prend alors son autonomie, ce n’est plus moi qui décide et c’est là où ça vibre. »

Philippe Piguet

04/12/18 19h/21h La FabriC

Karine
Rougier

Née en 1982
Vit et travaille à Marseille

« Les feuilles sont peuplées de personnages étranges, d’animaux, d’homoncules, de masques et de chimères. Celui qui cherche une histoire ou une logique pour relier les acteurs du dessin en aura pour ses frais. L’ensemble reste inextricable et les personnages habitent un espace défini par leur seule présence. Le dessin s’offre comme un tout, une sorte de carnaval où tout arrive en même temps, dans une échappée hors du sens.

Karine Rougier puise la matière de ses compositions dans une collection de personnages et d’objets qu’elle vient détacher de leurs fonctions ou de leurs occupations. Mais les images ne se distinguent pas seulement par les motifs et les figures qu’elle affectionne, leur nature compte presque autant. Ce sont des images trouvées sur des emballages, des cartes votives, des couvercles de boîtes d’allumettes, des images mal imprimées, aux contours imprécis et aux couleurs indécises. Grâce à ces frontières floues, les images sont prêtes à s’aboucher, s’agréger et s’hybrider dans l’espace de la feuille.[…] »

Nicolas Giraud, Le Sommeil de la Raison, 2013